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Au
XIXè siècle, le département de l'Aube, encore essentiellement
rural, se fait cependant remarquer par son activité
industrielle.
La plus importante est la fabrication des tissus de laine et de
coton, et surtout de la bonneterie apparue au XVIIIè siècle.
La fabrication de bas et de gants remplace peu à peu le tissage
de toile. Elle profite de la présence de filatures et de
teintureries et des améliorations constantes apportées aux
métiers par les inventeurs-mécaniciens locaux, dont les plus
ingénieux sont Delarothière et Jacquin. |
Dans
la seconde moitié du siècle, Troyes devient,
l'industrialisation aidant, la capitale de la bonneterie.
Elle concentre un appareil de production industrielle qui
atteint dès 1914 un niveau européen. Organisée en filière
de production (mécanique textile, filature, tricotage,
teinture, confection), la bonneterie troyenne se constitue
en puissantes fabriques, capables d'élaborer leur stratégie
aux niveaux national et international, et en petites et
moyennes entreprises complémentaires.
Troyes assure 34 % du chiffre d'affaires de la bonneterie
française en 1889 et 54 % en 1914. Elle est à cette date
la capitale incontestée de ce secteur d'activité, réputée
pour la qualité de ses produits, ce qui lui donne une place
importante dans l'économie nationale.
De
sa réussite industrielle, Troyes tire sa réalité et son
originalité urbaines. Les mutations des processus de
production de la bonneterie donnent une importance particulière
aux faubourgs. Les usines, qui trouvent dans ces derniers des
facteurs favorables d'implantation, influencent leur développement.
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Jusque-là
formés assez anarchiquement, les faubourgs s'organisent et
prennent un aspect banlieusard qui anticipe sur la période de
l'entre-deux-guerres. Mêlant les fonctions de production et de résidence,
ils finissent par former une couronne autour du vieux centre médiéval
de Troyes.
Le quartier des Bas-Trévois,
étiré le long du canal du Trévois, fixe, à partir de la fin du
XIXème siècle, de grosses filatures (Poron, Thévenot),
teintureries (Poron, Millerey, Mathieu) et bonneteries (Poron,
Desgrez, Raguet, Honnet).
Il aboutit sur les promenades du bouchon de champagne, boulevard
du 14 Juillet.
La rue des Bas Trévois est une rue
d'usines de très grande superficie, parmi lesquelles dominent les
installations de mécanique, filature, teinture et bonneterie de
la firme Poron. |
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Désormais,
les usines sont centralisées dans de nouvelles zones
industrielles adaptées aux exigences logistiques actuelles.
Poron,
devenue filiale du groupe Zannier, est aujourd'hui, avec sa marque « ABSORBA », la
première marque mondiale de layette et de vêtements pour enfants
(0 - 12 ans).
Elle connaît un développement constant de son chiffre d'affaires
qui lui permet de vendre à l'heure actuelle près de 20 millions
de sous-vêtements, pyjamas et vêtements dans plus de 40 pays
différents et y réalise 70 % de son volume d'affaires.
Elle bénéficie d'une formidable notoriété internationale.
Vedette en Europe, elle est présente dans le Sud - Est asiatique
(Corée du Sud, Thaïlande, Taiwan), aux États-Unis, au Canada, en
Égypte, en Syrie, au Mexique, au Maroc et bientôt en Argentine. |
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